Cours Chanet révolution industrielle

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Cours Chanet révolution industrielle

Message  Admin le Mar 4 Oct - 18:58

Introduction :
L’expression révolution industrielle n’exprime pas un choc brutal => exprime la complexité des nouveaux processus qui se mettent en place. Voir Patrick Verley, la Révolution industrielle. Les débats des historiens ont porté sur le saut qualitatif de la révolution industrielle => innovation technologique, capital, révolution agricole, des transports, commerce, application de la science, l’éducation des masses,… => points de bifurcation de l’ancien système au nouveau. De nombreuses déclinaisons nationales d’un processus général.

I) Les conditions préalables de la révolution industrielle

A) L’agriculture

« Enclosures » => privatisation de la terre ( très développé au RU) => paupérisation de la population rurale => libération d’une main d’œuvre pour l’industrie => exode rurale. Marx : l’accumulation primitive du capital => concentration de la terre ; Walt Whitman Rostow et Paul Bairoch => c’est les progrès de l’agriculture, des rendements, qui ont permis de libérer la main d’œuvre.

Pb : la thèse de l’antériorité d’une révolution agricole antérieure à la révolution ind est contestée :

- Si en France, comme en All et au RU, la prod a permi à nourrir la pop, les grands progrès agricoles ont suivi et non pas précédé la révolution ind.
- Même décalage concernant l’exode rurale (conséquence de la RI)
- La question de la transformation de la main d’œuvre rurale en main d’œuvre ouvrière est plus complexe : rigidité très forte du marché du travail, difficulté pour les patrons de trouver des ouvriers + la « proto-industrie » = petits ateliers ruraux => il ne faut pas séparer industrie et campagnes (notamment dans le domaine du textile) => montée d’une activité manufacturière dans les espaces ruraux.
- Les propriétaires terriens n’investissent que peu dans l’industrie.
- L’hypothèse d’une impulsion donnée à la sidérurgie ne se vérifie pas (le bois reste encore très présent dans l’outillage des campagnes).

B) Le capital

Relativité de la théorie de Marx concernant la théorie de l’accumulation du capital à l’origine de la RI. On remarque plutôt la faiblesse des capitaux nécessaires au début de l’industrialisation. La Forme juridique dominante de l’entreprise : la société familiale, la société en nom collectif ou la société en commandite simple.
Ceci évolue dans la 2è moitié du XIXè siècle => les nouvelles technologies nécessitent beaucoup plus de capitaux. Dans la première phase de l’industrialisation, les structures commerciales et bancaires procurent facilement le crédit à court terme => rôle des « country banks » déjà très présentes à la fin du XVIIIè siècle.

C) Le progrès technique

Cet ensemble d’innovations modifie « l’organisation du travail, les structures sociales, les types de matières premières, les localisations industrielles, la qualité de la vie, la réflexion économique… »
De la fin du XVIIIè siècle aux années 1860 : textile, chimie minérale, charbon, fer et chemin de fer
Secteurs dominants du système suivant : acier, électricité, chimie organique
Etroitesse des relations entre sciences, technologies et économie

D) La révolution des transports

L’avance anglaise se traduit par une révolution plus précoce => accumulation d’un capital immatériel => expérience et compétences : John Loudon Mc Adam ( 1756-1836), Thomas Telford (1757-1834) => importance primordiale de la maitrise de l’eau => premier traffic jusque dans les années 1850.
Le réseau navigable français a été étendu : Canal de Saint-Quentin à Cambrai (1827), Canal de Bourgogne (1834), Canal du Centre (1838). Loi du 21 mai 1836 sur les chemins vicinaux => routes développées.

Le financement de ces travaux nécessite un capital important => recours à des sociétés anonymes avec le développement du chemin de fer => coût du transport ferroviaire 3 à 4 fois moins chère que par le transport routier. 4 phases d’expansion du chemin de fer :
-le temps des pionniers jusqu’en 1830 ( petits tronçons entre des mines et des canaux). Ouverture de la ligne Paris-Saint Germain en laye, 1837 => début du transport de voyageurs
- La mise en place des réseaux nationaux ( années 1840-années 1860)
- L’équipement des pays non industrialisés, à partir des années 1850
- La densification des réseaux, les lignes secondaires et d’intérêt local, après 1870 ; Plan Freycinet de 1878 pour relancer la croissance dans une période de crise.

II) Les agents de la croissance

Les pays que l’on qualifie de neufs sont qualifiés soit comme des marchés pour les pays déjà engagés dans la révolution, soit comme des concurrents dont il faut se protéger => la croissance ne se conçoit pas au XIXè siècle hors du cadre de l’entreprise.

A) L’entreprise et l’entrepreneur

« L’entrepreneur est donc le pivot de tout le mécanisme économique » Charles Gide

3 questions :
- la forme juridique des entreprises => conversion du type patrimonial au type sociétaires. En France, Code du commerce de 1807 : trois catégories d’entreprises : Société en nom collectif ( majorité des entreprises au XIXè siècle), Société en commandite, Société anonyme ( société par actions) => ne connait un essor précoce en Belgique et dans la Rhur.

- La taille : grande diversité des formes de production : Schneider au Creusot ou Krupp à Essen => très grandes entreprises ; de l’autres côté des proto-industries très nombreuses de quelques ouvriers/artisans. L’entreprise moyenne est une petite entreprise => dans le textile, moyenne de 10,6 ouvriers par établissement sous le second empire ; en Alsace => grosses sociétés : ex : Mulhouse : cité ouvrière de Dornach, 3000 ouvriers. Dans les mines et la métallurgie, la taille moyenne est plus élevée, concentration plus rapide. Alfred Krupp => en 1826: 7 ouvriers, en 1887: 45 000 ouvriers !

- Sociologie des entrepreneurs : initialement majorité de marchands et ouvriers, les « self made men » sont très rares => mais modèle d’ascension par l’épargne illusoire => importance croissante des investissements qui ferment les possibilités d’ascension.

B) le travail

« le système de la grande industrie transforme radicalement la condition des travailleurs des industries anciennes sous le triple effet de l’emprise de la machine sur le procès de travail, de la concentration de la main-d’œuvre dans de nouveaux espaces de production ...»

Trois modes de rémunération : salaire au temps, à l’entreprise ou à la tâche. Friedrich Engels, La situation de la classe laborieuse en Angleterre, 1845. Thèse marxiste de la paupérisation du prolétariat critiquée par Jaurès en 1901.

Le mouvement ouvrier : efforts d’organisation à plusieurs niveaux :
- Professionnel : Miners Federation of Great Britain, à Newport en 1889
- Local: bourse du travail en France
- National: Trade Union Congress en 1868
- International: confédération international des travailleurs,…

C) L’Etat

L’Etat n’intervient alors que peu dans l’économie

III) Crises et remèdes

Ernest Labrousse (1895-1988) : « les économies ont les crises de leurs structures »

4 caractéristiques : une économie où :
1) L’agriculture et les agriculteurs dominent
2) La prospérité de l’agriculture et la sureté de l’alimentation dépendent d’une seule production, les céréales ;
3) Les transports sont difficiles et couteux
4) L’industrie produit avant tout des biens de consommation

2 grandes objections au modèle labroussien :
-dépendance mécanique entre conjoncture agricole et crise industrielle
-sous-estimation de la proto-industrie
La question de la survivance de la crise de type ancien au XIXè siècle

B) Les crises de l’âge industriel

Clément Juglar : Des crises commerciales périodiques : entre 7 et 11 ans ; 3 phases : l’expansion, la crise, la liquidation.
Nikolaï Kondratiev (1892-1938) : cycles plus long d’environ 50 ans
Joseph Schumpeter : croissance : « processus de destruction créatrice » => cycles plus court à l’intérieur du cycle de Kondratiev

C) Les mesures politiques face aux crises

Réticence de principe à voir l’Etat intervenir dans la vie économique. Conviction que l’Etat est impuissant face au retour périodique des crises.
Il doit veiller à garantir la liberté d’entreprendre, la liberté du travail, la liberté des prix. Il doit prévenir les risques de spéculation et protéger le marché national en élevant les tarifs douaniers => les mesures protectionnistes sont renforcées dans les phases B des cycles Kondratiev.
Il peut stimuler l’activité par le lancement de grands travaux. En France, ateliers nationaux de 1848.

Mesures prises par l’Etat pour limiter la durée du travail pour les femmes et les enfants ( voir tableau e-cours). L’Etat devient également le protecteur des travailleurs. En France, loi sur les accidents du travail en 1898, repos hebdomadaire obligatoire en 1906,… => lois sociales plus précoces en All sous Bismarck => lié à la pression politique dans l’empire Allemand.
Les questions économiques sont indissociables des décisions politiques =>mais processus trans-nationaux

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Re: Cours Chanet révolution industrielle

Message  HugoB le Ven 7 Oct - 17:38

Mais commment faites vous pour prendre des cours aussi complets sans vous endormir, merci beaucoup en tout cas!

HugoB

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